27/09/2021
International

Huawei porte plainte contre les États-Unis

Huawei porte plainte contre les États-Unis

Pour exprimer son mécontentement d’avoir été mis à l’écart de certaines subventions fédérales, le géant chinois Huawei va lancer une deuxième procédure contre l’administration américaine.

Huawei a dénoncé une décision illégale de la part de l’administration Trump. L’administration Trump voit dans le leader mondial des équipements 5G un cheval de Troie du régime chinois. « Huawei est une entreprise chinoise. C’est la seule excuse de Washington pour poursuivre le groupe » dénonce devant la presse  Song Liupung,  le chef des services juridiques du géant des télécoms.

Au cours d’une conférence  de presse au siège du groupe à Shenzhen, M. Song a annoncé qu’il portera plainte  contre l’administration Trump  pour  sa mise à l’écart d’un fonds fédéral destiné à développer les infrastructures de télécommunications en zones rurales.

Huawei, ainsi que son compatriote ZTE sont tous deux soupçonnés par Washington d’espionnage potentiel au profit de Pékin. Ils ont été exclus le mois dernier d’un fonds de 8,5 milliards de dollars géré par la Federal Communications Commission (FCC).


Invoquant une « menace pour la sécurité nationale », la commission fédérale des communications a interdit aux opérateurs télécoms américains de recourir à son Fonds de service universel (USF) pour financer des équipements des deux entreprises chinoises.
Elle a également proposé d’exiger des entreprises recevant des fonds de l’USF qu’elles retirent et remplacent les équipements et services qui auraient déjà été fournis par Huawei et ZTE. Ajit Pai, le président du FCC , justifie  sa décision par le fait que Huawei et ZTE ont des liens étroits avec le gouvernement communiste et l’appareil militaire chinois.


Huawei est au centre de l’affrontement technologique entre les deux géants du Pacifique. Notamment parce que le groupe, fondé par un ancien ingénieur de l’armée chinoise, Ren Zhengfei, est considéré comme incontournable pour la fourniture des équipements 5G, la cinquième génération de l’internet mobile.


M. Song estime que la décision de la FCC ne veut pas dire  que l’entreprise chinoise constituerait une menace pour la sécurité des Etats-Unis. « Bannir une entreprise comme Huawei, simplement parce que nous avons démarré en Chine, ne résout pas les questions de cybersécurité », a-t-il déclaré.

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Huawei a déjà porté plainte en mars dernier aux Etats-Unis contre la loi de finances du ministère américain de la Défense, qui interdit aux administrations d’acheter des équipements ou services fournis par le géant chinois.

Le département du Commerce américain  avait  placé en mai Huawei et ses filiales sur une liste noire d’entreprises interdites de faire du commerce avec des sociétés américaines. Cela a été un coup dur pour Huawei car elle  dépend de la technologie américaine pour ses smartphones, c’est-à-dire  le système d’exploitation Android de Google.

Les entreprises américaines vont aussi souffrir de cette mesure  car  Huawei est un de leurs plus  gros clients. Elle compte à son actif les équipements pour installer la 5G. Résultat, l’administration Trump a indiqué le mois dernier avoir commencé à donner un feu vert spécifique à des entreprises américaines désireuses de fournir des composants à Huawei, mais uniquement à celles exportant des produits non sensibles sur le plan de la sécurité nationale.

Ce nouveau répit de 90 jours est le troisième depuis mai. Il est justifié par le département du Commerce par le fait qu’il faut continuer de desservir des zones rurales les plus reculées des Etats-Unis qui risquent d’être privées de technologie mobile.

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